Anna Ternheim en concert à Paris le 5 avril !

AnnaTernheim-LEFLOW

Ceux qui considèrent qu’Anna Ternheim avait atteint un sommet sur ­Leaving on a mayday, son troisième ­album en 2008, vont devoir se faire une raison : elle n’est pas près de le rééditer. Il faut croire que les somptueux arrangements pop dont Björn Yttling avait habillé ses poignantes chansons, noyées dans le doute et l’errance affective, ne convenaient pas à la discrète Suédoise en quête d’épure. Tant pis. La chanteuse, star en Scandinavie, ne paraît s’épanouir que dans la fuite ou le ­repli, apprivoisant ses peurs et ses failles avec ses mélodies liquides et sa douce voix légèrement voilée.

Après un épisode (trop) américain, un retour presque apaisant à sa Suède natale, la voici sous l’influence de l’air carioca. Heureusement, All the way to Rio n’a rien du ronronnant disque occidental au parfum de samba que l’on pourrait redouter. Il s’agit juste du climat, de l’ambiance aérienne de la musique brésilienne qui souffle comme une brise ­légère sur cette courte collection de ­vignettes folk-pop où même une guitare se distord avec grâce (le délicatement tendu Holding on).

Les titres aux atours subtils s’enchaînent harmonieusement, berçant l’auditeur de leur mélancolie ­réconfortante.
Tout n’est pas perdu, loin de là.